La Haute autorité de santé (HAS) conseille aux personnes âgées de 50 à 65 ans ayant des comorbidités ainsi qu’aux professionnels de santé de se faire vacciner avec le vaccin AstraZeneca. Explications dans l’article publié par Le Monde, en ligne, le mardi 2 mars 2021. Sources en fin d’article.

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La Haute Autorité de santé (HAS) l’avait clairement annoncé : sa recommandation de ne délivrer le vaccin d’AstraZeneca qu’aux personnes âgées de 18 à 65 ans était provisoire, « faute de données suffisantes pour les personnes de plus de 65 ans ». Rendez-vous avait presque été donné fin mars, avec la publication attendue d’un essai en cours aux Etats-Unis, dans lequel les seniors étaient largement représentés. Les experts sanitaires français ont devancé l’appel.

Dans un avis rendu le 1er mars et publié le 2, la HAS « considère que la place dans la stratégie vaccinale du vaccin AstraZeneca peut être élargie dès maintenant aux personnes âgées de plus de 65 ans »Lundi soir, le ministre de la santé, Olivier Véran, a annoncé que les personnes âgées de 65 à 75 ans présentant des comorbidités pourraient désormais se faire inoculer le vaccin d’AstraZeneca.

Cette recommandation, la HAS la rend « au regard du contexte épidémiologique actuel préoccupant avec prédominance du variant anglais » – variant contre lequel le vaccin d’AstraZeneca a fait la preuve de son efficacité –, mais aussi « des premières données en vie réelle écossaises ».

Rendues publiques le 22 février, dans une prépublication publiée sur le site de la revue scientifique The Lancet et soumis au British Medical Journal, ces nouvelles données avaient fait réagir la direction générale de la santé. Le 24 février, elle avait demandé à la HAS « une nouvelle analyse » de « l’efficacité du vaccin AstraZeneca en vue d’une éventuelle réactualisation de la place de ce vaccin dans la stratégie vaccinale contre le Covid-19 ».

Les chiffres rendus publics par l’agence sanitaire écossaise (Public Health Scotland) et l’université d’Edimbourg sont, il est vrai, spectaculaires. Les deux institutions ont collecté et analysé les données d’hospitalisation portant sur 5,4 millions de personnes, soit la quasi-totalité du pays. Et elles ont comparé les 1,3 million de personnes ayant reçu une première injection avant le 18 février (22 % de la population) et les autres.

Résultat : dès la deuxième semaine suivant l’injection, les hospitalisations amorcent une chute. Et le phénomène ne cesse de croître : 47 % de protection la deuxième semaine, 60 % la troisième, 70 % la quatrième, 84 % la cinquième, avant d’amorcer un recul : 61 % la sixième semaine, 58 % au-delà.

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